Star du Splendid ayant explosé avec ses potes Michel Blanc, Bruno Moynot, Marie-Anne Chazel, Thierry Lhermitte, Christian Clavier ou Josiane Balasko dans les comédies "Les Bronzés" (1978-1979) de Patrice Leconte, "Le Père Noël est une Ordure" (1982) et "Papy fait de la Résistance" (1983) tous deux de Jean-Marie Poiré, l'acteur Gérard Jugnot décide de prendre son envol en solo et en profite par la même occasion de passer également derrière la caméra mais ne participe pas au scénario. Il choisit l'histoire écrite par Christian Biegalski et Pierre Geller, deux auteurs qui retrouveront leur réalisateur-acteur pour le suivant "Scout Toujours..." (1985), le premier travaillera encore avec Jugnot et aussi Josiane Balasko dans les années suivantes, tandis que Pierre Geller signera plus tard les films "Le Prince du Pacifique" (2000) de Alain Corneau ou "L'Ordre et la Morale" (2011) de Mathieu Kassovitz. Le film sera un joli succès avec plus de 2,4 millions d'entrées France, ce qui reste à ce jour encore le plus gros succès de Gérard Jugnot réalisateur... Gardien de la Paix sympathique et maladroit, Robert Pinot rencontre une jeune toxicomane, Marylou qui vient du même village que lui. Il décide de lui venir en aide un peu malgré elle mais la jeune femme est sous l'emprise d'un dealer. Pinot va la prendre sous son aile et va risquer sa carrière pour sortir Marylou de son milieu...
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Pinot est évidemment incarné par Gérard Jugnot qui tourne juste après dans "Les Rois du Gag" (1985) de Claude Zidi et son second long métrage "Scout Toujours..." (1985). Marylou est jouée par Fanny Bastien remarquée dans "Le Bahut va Craquer" (1981) de Michel Nervaki, "La Tête dans le Sac" (1984) de Gérard Lauzier et "Mesrine" (1984) de André Génovès. Citons ensuite Pierre Mondy qui retrouve et retrouvera dans "On a retrouvé la Septième Compagnie" (1975) de Robert Lamoureux et "Tranches de Vie" (1985) de François Leterrier son partenaire Jean Rougerie qui retrouvera Jugnot dans "Scout Toujours...", et aussi Fanny Bastien après "Tendres Cousines" (1980) de David Hamilton, puis retrouve aussi après "Le Fantôme de la Liberté" (1974) de Luis Bunuel et "Edith et Marcel" (1983) de Claude Lelouch l'acteur Jean-Claude Brialy qui était dans "Papy fait de la Résistance" (1983), Jean Rougerie retrouve également après "La Guerre des Polices" (1979) de Robin Davis l'acteur Philippe Klébert qui retrouve après "Girls" (1980) de Just Jaeckin son partenaire Gérard Loussine, et ces deux derniers retrouvent respectivement après "Les Hommes préfèrent les Grosses" (1981) de Jean-Marie Poiré et "Le Choix des Armes" (1981) de Alain Corneau l'acteur Jean-Claude Bouillaud vu dans l'autre comédie policière du moment "Les Ripoux" (1984) de Claude Zidi où joue également Pierre Frag qui retrouve Jean Rougerie après "Buffet Froid" (1979) de Bertrand Blier, puis citons encore Patrick Fierry et Claire Magnin vus dans "Les Babas-Cool" (1981) de François Leterrier, Alain Doutey apparu dans "Mais où est donc passée la Septième Compagnie ?" (1973) de Robert Lamoureux ou "La Carapate" (1978) deGérard Oury, Pascal Légitimus à ses débuts qui n'est pas encore un Inconnu et qui nest encore loin de son propre succès avec ses compères dans "Les Trois Frères" (1995), carole Jacquinot aperçue dans "Nous irons tous au Paradis" (1977) de Yves Robert ou "Papy fait de la Résistance" (1983), l'inénarrable Sim vu entre autre dans "Cartouche" (1962) de Philippe De Broca, "Les Mariés de l'an II" (1971) de Jean-Paul Rappeneau ou "La Brigade en Folie" (1973) de Philippe Clair, Didier Kaminka alors entre "Banzaï" (1983) et Les Rois du gag" (1985) tous deux de Claude Zidi, puis notons plusieurs caméos de réalisateur ayant étoffé le début de carrière de Gérard Jugnot avec Patrice Leconte, Jean-Marie Poiré, Philippe Galland ou Charles Nemes... Notons d'emblée l'affiche du film, qui surfe sur le succès mondial "Rambo" (1982) de Ted Kotcheff, mais qui vend ainsi une sorte de comédie pastiche qu'il n'est pas du tout. On pense plutôt et surtout à l'autyre comédie culte de ces années 80, "Inspecteur la Bavure" (1980) de Claude Zidi, au détail près que pour une fois le héros est un simple flic, en effet, un simple policier de terrain, de simple Police Secours, en tenue, sans grade mais sans qui l'institution ne fonctionnerait pas et rien que ça c'est déjà beaucoup car encore des décennies après les films policiers restent focalisés sur les officiers et/ou des services spécialisés. Depuis nous ne pouvons citer que trois films depuis : "Gardiens de l'Ordre" (2010) de Nicolas Boukhrief, "Police" (2020) de Anne Fontaine et "Selon la Police" (2022) de Frédéric Videau.
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Jugnot a la bonhommie parfaite et idéale pour son personnage, un français moyen devenu un policier moyen qui fait de son mieux dans une société vicié et qui fait rire malgré lui. On est presque surpris de voir un Paris interlope des bas-fonds, comme on est surpris d'une intrigue qui reste malgré tout assez sérieuse quand il faut sauver une pauvre fille de son dealer. La partie extérieure au commissariat est donc étonnamment sérieuse, trop, comparé à la vie interne du commissariat qui reste plutôt bien rendue entre nuance hiérarchique, blagues potaches qui rappellent que les flics sont comme n'importe quel citoyen. Finalement cette différence, ce décalage donne une comédie qui manque d'humour et de gags pour compenser un sérieux à laquelle on ne s'attend pas. Le plus gênant reste la relation entre la fille/Bastien et le flic Pinot/Jugnot ; en effet on apprend qu'elle est mineure, en détresse donc, mais le flic trentenaire ne se fait pas prier pour recevoir les remerciements physiques et charnels de la belle, sur le fond c'est très tendancieux, encore pus aujourd'hui. Pourquoi ne pas en avoir fait une adulte ?! Néanmoins, ça passe, Jugnot est d'une bonhommie et d'une empathie à toute épreuve et permet au film de surnager.
Note :