On ira (2025) de Enya Baroux

Fille de Olivier Baroux, réalisateur de la saga "Les Tuche" (2011-2021) exception du dernier "God save the Tuche" (2025) de et avec Jean-Paul Rouve, et filleule de l'acolyte Kad Merad, Enya Baroux est une enfant de la balle qui a d'ailleurs tourné avec son duo dans "Mais qui a re-tué Pamela Rose ?" (2012) et "Just a Gigolo" (2019), et qui s'est déjà essayée à la réalisation avec son court-métrage "Cache-Cash" (2018). Réalisatrice-scénariste a commencé à écrire son histoire après la perte de sa grand-mère avec qui elle paratageait une grande complicité. Mais elle a choisi d'éviter un drame trop personnel et a donc choisi traiter la mort par le rire, tout en s'attachant à un minimum de véracité sur son sujet en se rapprochant de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité (ADMD). Enya Baroux co-signe son scénario avec Martin Darondeau qui travaille surtout sur la série TV "Fleur Bleue" (2024-...), et avec Philippe Carrière auteur du film "Made in Bangladesh" (2019) de Rubaiyat Hossain. La cinéaste cité comme inspiration "Little Miss Sunshine" (2006) de Valerie Faris et Jonathan Dayton, "The Farewell" (2020) de Lulu Wang et les films du duo Toledano-Nakache... 

Marie, 80 ans, ne supporte plus sa maladie et décide donc de recourir au suicide assisté en Suisse. Au moment de l'annoncer à Bruno son fils cinquantenaire qui vit comme un grand ado attardé et à Anna sa petite-fille en crise de puberté, elle panique et invente un mensonge sur un éventuel héritage. Résultat, la petite famille part ensemble sur la route direction la Suisse accompagné de Rudy, assistant de vie tout juste rencontré la veille et qui prend le volant pour un voyage inattendu... Marie est incarnée par Hélène Vincent, qui avait déjà joué une femme qui partait en Suisse pour en finir dans le magnifique drame "Quelques Heures de Printemps" (2012) de Stéphane Brizé et vue dernièrement dans "Colocs de Choc" (2024) de Elodie Lélu et "Quand vient l'Automne" (2024) de François Ozon après lequel elle retrouve son partenaire Pierre Lottin vu justement dans la saga "Les Tuche" (2011-2025) et récemment dans l'excellent "En Fanfare" (2025) de Emmanuel Courcol. Le fils Bruno est joué par David Ayala vu dans "Miséricorde" (2024) de Alain Guiraudie, "L'Amour Ouf" (2024) de Gilles Lellouche et "Brûle le Sang" (2025) de Akaki Popkhadze, tandis que la petite-fille Anna est jouée par Juliette Gasquet remarquée dans les séries TV "Fiasco" (2024) et "Fleur Bleue" (2025). Citons ensuite Jeanne Arènes apparue dans "La Belle Epoque" (2019) de Nicolas Bedos ou "La Famille Hennedricks" (2024) de et avec Laurence Arné, et retrouve après "Irréductible" (2022) de et avec Jérôme Commandeur son partenaire Nicolas Lumbreras aperçu récemment dans "Un Homme Heureux" (2023) de Tristan Séguéla et "Veuillez nous excuser pour la Gêne occasionnée" (2023) de Olivier Van Hoofstadt, et enfin Brigitte Aubry vue dans "Les Femmes du Square" (2022) de Julien Rambaldi ou "Simone, le Voyage du Siècle" (2022) de Olivier Dahan... Evidemment et logiquement on pense très fort au film "Quelques Heures de Printemps" (2012) de Stéphane Brizé, qui traitait exactement du même sujet avec déjà Hélène Vincent, mais cette fois on passe du drame à la comédie, forcément dramatique. "On ira" est donc l'anti-thèse en abordant le sujet via la légèreté et la fantaisie sans pour autant traiter le sujet avec trop de détachement et en évitant tout pathos. Tout aussi logiquement, le film débute dans la comédie pure, l'innocence ou la naïveté, l'aveuglement aussi parfois, mais avec tendresse et drôlerie, pour virer doucement mais sûrement vers un peu plus de dramaturgie, de fatalité, de tristesse aussi mais toujours avec une certaine douceur.

L'histoire principale n'est jamais parasiter par les sous-intrigues, la puberté de la demoiselle, les rêves immatures du père ou le manque d'assurance de l'aide soignant permettent l'empathie mais aussi d'insérer l'humour qui atténue le drame inévitable et attendu. Outre un récit classique et balisé la qualité du film repose sur deux aspects essentiels. Le premier reste le casting, outre Hélène Vincent absolument fabuleuse dans une autre facette à "Quelques Heures du Printemps", les trois accompagnants sont au diapason, touchant toujours, agaçant parfois, humains avant tout et admirablement interprétés par trois acteurs merveilleux, au diapason ensemble et tout en équilibre dans leur présence et importance au sein du scénario. Le second reste le choix judicieux de prendre une fois encore le contre-pied du film de Brizé sur la fin, comme l'explique d'ailleurs la réalisatrice-scénariste : "On ignore quand Marie meurt mais peu importe, car on sait que ses jours sont comptés et le choix qu'elle a fait." Il y a bien quelques détails imparfaits (le rat qui est Lennon ou pas ?! Partie gitane trop longue...) mais ils restent ce qu'ils sont, des détails, sur l'ensemble le film reste une comédie dramatique savoureuse, drôle (surtout dans sa première partie) et émouvante (surtout dans sa dernière partie). Un bon moment.

Note :                 

(2025) Enya Baroux(2025) Enya Baroux(2025) Enya Baroux

14/20