Parthenope (2025) de Paolo Sorrentino

Nouveau film de Paolo Sorrentino, réalisateur italien à qui on doit entre autre "Il Divo" (2008), "This must be the Place" (2011), "La Grande Bellezza" (2011), "Youth" (2015) ou "Silvio et les Autres" (2018). Le cinéaste annonce son projet en 2023 et le voit comme une lettre d'amour à sa ville natale Naples. Le personnage principal est une référence à la sirène de la mythologie Parthénope (Tout savoir ICI !) et est donc la personnification de Naples, comme le précise le réalisateur-scénariste : "Naples est libre et dangereuse, elle ne juge jamais. Comme Parthénope. Naples est l'endroit idéal où avoir l'illusion d'une vie imprévisible et merveilleuse." Paolo Sorrentino précise encore que le film repose sur deux thématique, le sacré : "ce que nous n'oublierons pas dans notre biographie. Ce qu'une femme, en soixante-treize années de vie, n'a pas pu oublier : la mer de Naples et ses parents, le premier amour candide à la lumière du soleil (...), les rencontres fugaces, extravagantes ou décisives ; la découverte, à l'adolescence, de l'érotisme, de la séduction et du vertige de la liberté, se sentir vivante autant qu'il est possible, en soupirer ; la recherche éperdue de soi-même, les amours râtés ou à peine esquissés, les douleurs qui la plongent dans l'âge adulte, la vie qui s'écoule et l'inexorable passage du temps, (...) Naples encore et sa vitalité exaspérante (...)". Puis justement le passage du temps : "Ce flux de la vie qui contient l'euphorie et la déception. L'amour et sa fin. La fin de la mélancolie et le début du désir. Tout le répertoire de l'existence, en somme, autant qu'il est possible de le faire tenir dans un film."... 

La vie de Parthénope de sa naissance dans les années 50 à nos jours. Une épopée féminine éprise de liberté, de Naples et d'amour. Les amours vraies, indicibles ou sans lendemain qui vous condamnent à la douleur mais qui vous font recommencer. Puis autour de Parthénope, Naples et les napolitains... Le rôle titre jeune est incarnée par la sublime Celeste Calla Porta qui retrouve son réalisateur après "La Main de Dieu" (2021) où elle n'avait qu'un tout petit rôle non crédité, et remarquée ensuite dans la série TV "Red Mirror" (2022). Le personnage plus âgée est jouée par Stefania Sandrelli, star vue dans "Divorce à l'Italienne" (1961) de Pietro Germi, "Le Conformiste" (1970) de Bernardo Bertolucci, "Nous nous sommes Tant Aimés" (1974) de Ettore Scola, "Jambon, Jambon" (1993) de Bigas Luna ou plus récemment dans son propre rôle dans "Marcello Mio" (2024) de Christophe Honoré. Citons ensuite Gary Oldman vu dernièrement dans "Mank" (2020) de David Fincher, "La Femme à la Fenêtre" (2021) de Joe Wright ou "Oppenheimer" (2023) de  Christopher Nolan, Luisa Ranieri surtout vue chez Ferzan Özpetek avec "Allacciate le Cinture" (2014), "Napoli Velata" (2017) et "Nuovo Olimpo" (2022) mais retrouve aussi Sorrentino après "La Main de Dieu" (2021), Silvio Orlando acteur fétiche de Daniele Luchetti et de Nanni Moretti avec d'ailleurs respectivement "Les Liens qui nous unissent" (2020) et "Vers un Avenir Radieux" (2023), et retrouve après "Caos Calmo" (2008) de Antonello Grimaldi sa partenaire Isabella Ferrari remarquée à ses débuts dans "Le Bon Roi Dagobert" (1984) de Dino Risi, retrouve son réalisateur après "La Grande Bellezza" (2013) et vue depuis dans "Euforia" (2018) de Valeria Golino ou "Confidenza" (2024) de Daniele Luchetti, puis enfin Peppe Lanzetta vu dans "Spectre" (2015) de Sam Mendes ou "Due Soldati" (2017) de Marco Tullio Giordana... Le film serait donc le destin d'une femme italienne des années 50 à aujourd'hui, une femme belle de surcroît, qui traverse donc 70 années d'Histoire dans une ville marquée par la violence. Rappelons que Naples est la capitale de la mafia, que l'Italie connaît les fameuses et terribles "années de plomb" durant des années... etc... Et pourtant dès les premières minutes on se rappelle que le réalisateur Paolo Sorrentino ne saurait nous faire le coup de la fresque historico-romanesque, et qu'on va vite déchantée aussi sur une éventuelle fresque féminine et féministe. Dès le début on se souvient que ce qu'on aime surtout chez Sorrentino reste le sens de l'image, l'incroyable beauté de ses plans, l'élégance de sa mise en scène, et le goût certain pour choisir l'icône qui incarnera sa Parthénope qui est tout sauf anodin. Mais comme souvent chez le cinéaste on s'aperçoit vite que la forme compense le fond, que la forme sauve un film au fond bien fade.

Ainsi on suit une femme magnifique, à la sensualité assez dingue, issue d'une famille bourgeoise et privilégiée, vivant dans une carte postale idyllique, sûr de sa beauté et de son intelligence dont le destin va surtout reposer sur un seul et unique drame... ATTENTION SPOILERS !... Parthénope incarne ainsi une sorte de déesse moderne, la perfection incarnant Naples au point comme même ses études semblent une formalité, seule ombre au tableau un frère séduit par l'inceste et qui va finir par un drame qui va très légèrement fissurer la statue napolitaine... FIN SPOILERS !... La suite de la vie de Parthénope/Calla Porta est une succesion de succès, elle séduit qui elle veut quand elle veut (normal pas besoin de forcer), et même professionnellement c'est du haut niveau, et comme tout semble rouler pour elle on s'ennuie un tantinet. Certains passages laissent perplexes, ou pas d'ailleurs !... ATTENTION SPOILERS !... scène de "nuit de noces" appelée "grande fusion" complètement gratuite et inutile, scène surréaliste où Parthénope craquerait pour un cardinal laid et libidineux, puis notons les scènes qui n'existent pas occultant du même coup les actualités tragiques ayant traversées pourtant la ville de Naples... FIN SPOILERS !... On constate donc que le cinéaste nous invite dans une Naples où Luxe Calme et Volupté est la norme et situe donc le film dans une sorte de monde parallèle prétentieux et superficiel. Mais le talent de Sorrentino est justement de nous faire croire à cet univers comme un conte moderne et surréaliste où une sirène aurait peut-être traversée les ans jusqu'à cette napolitaine belle et désirable. Plusieurs plans sont digne d'icônes mythologiques, enveloppé d'une photographie sublime comme un écrin. En conclusion, on ne croit pas du tout à ce destin trop parfait mais dieu que c'est beau...

Note :                 

Parthenope (2025) Paolo SorrentinoParthenope (2025) Paolo Sorrentino

13/20