Nouveau long métrage du japonais Kazuya Shiraishi, connu pour des films comme "Lost Paradise in Tokyo" (2009), "L'Aube des Félines" (2016), "The Blood of Wolves" (2018) ou "One Night" (2019). Le titre en V.F. est limpide mais le titre en V.O. est "Bushido" qui renvoie plus directement au code des principes moraux que les samouraïs étaient tenus d'observer... Samouraï déchu, Yanagida mène une vie modeste avec sa fille Edo et dédie ses journées au jeu de go avec une dignité et une honnêteté qui force le respect. Mais quand son honneur est bafoué par une accusation calomnieuse il va tout faire pour obtenir réparation...
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Yanagida le joueur de go est incarné par Tsuyoshi Kusanagi vu auparavant dans "Saiyuki" (2007) de Kensaku Sawada, "Makuko" (2019) de Keiko Tsuruoka ou "Sabakan" (2022) de Tomoki Kanazawa. Il est entouré d'un casting d'acteurs de premier ordre avec Takumi Saitoh vu entre autre dans "13 Assassins" (2010) de Takashi Miike ou "Fukushima 50" (2020) de Setsuro Wakamatsu, Kaya Kiyohara vue dans "Le Typhon de Noruda" (2015) de Yojiro Arai ou "Porte vers l'Eté : vers le Futur" (2021) de Takahiro Miki et retrouve Taishi Nakagawa après "Josée, le Tigre et les Poissons" (2020) de Kotaro Tamura, Masachika Ichimura qui était aussi dans "13 Assassins" (2010) mais qui est surtout connu pour prêter sa voix dans la franchise "Pokemon", Kyoko Koizumi acteur fétiche de Kiyoshi Kurosawa avec "Tokyo Sonata" (2008), "Shokuzai" (2012) et "Real" (2013), Jun Kunimura monstre sacré remarqué d'abord dans "Black Ran" (1989) de Ridley Scott et vu depuis dans "Ichi the Killer" (2001) de Takashi Miike, "Outrage" (2010) de te avec Takeshi Kitano ou "The Strangers" (2016) de Na Hong-Jin, Eita Okuno vu dans "The Outsider" (2018) de Martin Zandvliet, "Kenshin le Commencement" (2021) de Keishi Otomo ou "The Women in the Lakes" (2024) de Tatsushi Ômori, puis enfin Takuma Otoo vu dans "Terminal" (2015) de Tetsuo Shinohara ou "Blade of the Immortal" (2017) de Takashi Miike et qui retrouve surtout son réalisateur de "L'Aube des Félines" (2016)... Le film débute comme une immersion dans un village nippon de l'époque d'Edo (1603-1868), une immersion tournée en studio qui ajouté un côté rétro grâce à un travail esthétique impressionnant. Décors et costumes sont magnifiques sans être ostentatoires quitte à frôler l'image d'épinal, avec une photographie de toute beauté. Le récit donne une importance centrale et unique au jeu de go, sorte de pendant asiatique au jeu d'échecs. L'importance du go peut laisser de côté les néophytes, il est vrai que le film ne s'attache pas vraiment à comprendre un temps soit peu les règles, on peut se dire que sur ce point cela aurait pu être un chouïa plus ludique malgré la présence sur le tournage de Yuta Iyama, l'un des plus grands joueurs de go de l'histoire.
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La première partie repose essentiellement sur le jeu de go, sur l'importance que ce jeu a pour le ronin Yanagida/Kusanagi comme pour la communauté qui l'entoure. Le jeu permet au ronin de mettre en pratique le bushido jusque dans la pratique du jeu. L'honneur est au centre, et pourtant c'est sur ce point qu'on reste légèrement perplexe... ATTENTION SPOILERS !... Yanagida pousse l'honneur jusqu'à laisser une partie logiquement gagnée ou à refuser une somme méritée, mais il a finalement des scrupules à faire harakiri préférant laisser sa fille se vendre à un bordel ?!... FIN SPOILERS !... La mise en scène est d'une grande élégance, notamment lors des scènes de go, jeu lent et encore moins visuel que les échecs, mais jamais filmé de façon statique ou ennuyeuse. Les plans sont soignés, les acteurs impeccables et justes mais la dernière partie téléphonée, presque trop "occidentale". Néanmoins, la beauté visuelle, le parallèle entre le jeu de go et le bushido, l'aspect suranné font de ce film un petit bijou nippon à conseiller.
Note :